Archive pour la catégorie ‘Non classé’

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Samedi 1 janvier 2011

Eric Watier, monotone press, 2011

En 2011, Eric Watier lance sa propre maison d’édition, surmontant la contradiction de son engagement inconditionnel envers la gratuité et le copyleft. Affirmant la distinction fondamentale qui caractérise notre ère numérique entre le contenu et les supports, il entend s’inscrire « dans une économie nouvelle où les objets sont à la fois totalement disponibles et où, dans un même temps, ils peuvent faire l’objet d’une matérialisation toujours singulière mais pourtant toujours illimitée ». Monotone press est conçue comme « un atelier, une vitrine, une imprimerie et un espace public » qui trouve sa concrétisation dans un site internet de visualisation et d’impression en ligne,  régi par le droit d’auteur français. Le droit moral est considéré comme supérieur à tout autre, Eric Watier peut soutenir un rôle a posteriori : « vous pouvez faire tout ce qui vous plaira de monotone press sauf ce qui ne me plaît pas. »

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Mardi 21 décembre 2010

Lara Almarcegui, Bauschutt Hauptraum Secession / Construction Rubble of Secession’s Main Hall, Wiener Secession, 2010

Analysant la structure architectonique du bâtiment Art Nouveau de la Sécession de Vienne, Lara Almarcegui empile dans le hall principal les divers matériaux qui le constituent. Tels des tas de pigments accumulés dans le white cube, les gravats (brique, mortier, verre, asphalte, béton, acier, bois et plâtre – tous prélevés au cours d’un processus de recyclage), renvoient aux cycles de destruction et de reconstruction propres à la transformation urbaine.

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Lundi 13 décembre 2010

Pierre Bismuth, Something Less, Something More, 2003-présent

Avec une économie de moyen inversement proportionnelle à l’effet visuel produit, Pierre Bismuth pratique de manière répétée depuis 2003 ce qu’il considère comme « du faire pur » : des perforations dans des parois (qu’il fait construire), des moquettes (qu’il fait poser), ou encore des toiles (qu’il a peintes lui-même ou non). Tandis que le  processus de création est mis à nu, que pleins et vides sont mis à égalité, se pose la question des rebuts de fabrications qui restent à traiter.

Something Less, Something More - Brillo, 2005

Something Less, Something More - Brillo, 2005

Something Less, Something More, kunstmuseum Thun, 2005

Something Less, Something More, kunstmuseum Thun, 2005

Something less, something more, 2007, I-20 Gallery, 2007

Something less, something more, 2007, I-20 Gallery, 2007

Something less, something more, 2007, I-20 Gallery, 2007

Something less, something more, 2007, I-20 Gallery, 2007

One Size Fits All, Mary Boone Gallery, 2007

One Size Fits All, Mary Boone Gallery, 2007

Antisocial, avec Gardar Eide Einarson, Galerie Bugada & Cargnel, 2008

Antisocial, avec Gardar Eide Einarson, Galerie Bugada & Cargnel, 2008

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Vendredi 10 décembre 2010

Jessica Stockholder, ABC TASTE, The Perfect Guest, livre d’artiste, Captures Editions, 2010

Artiste conceptuelle américaine, Jessica Stockholder est d’abord connue pour son travail d’installations et de sculptures qui mêle différents objets, donnant vie à des œuvres abstraites dont les éléments sont pourtant très formels. C’est cette même symbiose entre réel et abstraction, à partir d’une double volonté de construction et de déconstruction, qui est perceptible dans le livre d’artiste qui vient de paraître. À travers la création d’un abécédaire pour adultes, rythmé par la répétition d’un trou, elle a cherché à y développer tout un panel de sensations, induites pour elle par la notion de  » Taste « . Il s’en dégage une impression de collage intuitif, vif et ludique, où accident et gaieté ont été de rigueur. Les tonalités éclatantes auxquelles ses sculptures nous ont habitué, balayent ici le papier, les lettres, d’abord suggérées par des formes abstraites, deviennent lisibles, et les mots, à connotations parfois coquines et drôles, constituent l’énigmatique poème The Perfect Guest, qui évoque l’attente de quelqu’un dont l’identité reste un mystère.

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Mercredi 24 novembre 2010

David Hominal,  Sans titre,  sérigraphie, édition de 20 exemplaires, 100 x 140 cm, 2010

La composition de cette sérigraphie, qui articule des impacts colorés autour d’une croix, se rattache d’emblée à une certaine tradition de l’abstraction géométrique et notamment de l’art concret suisse. Mais si « rien n’est plus concret, plus réel qu’une ligne, qu’une couleur, qu’une surface » (Theo van Doesburg, 1930), c’est d’une tout autre littéralité que celle avancée par la peinture abstraite dont il est question. Le motif reproduit en effet un élément tiré d’une réalité industrielle largement répandue. Il s’agit d’un cromalin, terme d’imprimerie désignant l’épreuve couleur de haute définition destinée à la validation d’un document lors de l’impression, que l’on retrouve dans la plupart des emballages, et notamment dans la pliure des paquets de cigarettes dont s’est inspiré l’artiste.
Réalisée par l’artiste dans l’atelier de gravure de la Rijksakademie à Amsterdam, à l’aide de patients mélanges de couleurs à l’huile, l’estampe affirme ainsi clairement son caractère tautologique tout en revendiquant son aspect artisanal.

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Vendredi 19 novembre 2010

Marina Gadonneix, série « Remote control », C-print, 98 x 116 cm, 2006-2007

Photographiés dans le sommeil de l’information, les décors savamment construits des plateaux de télévision révèlent à leur manière l’artificialité du monde médiatique.

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Vendredi 5 novembre 2010

Sidney Lumet, Network (Main basse sur la télévision), 120’, 1977

A travers l’histoire d’un présentateur de JT qui décide d’annoncer son suicide en direct après avoir appris son licenciement pour cause de mauvaise audience, Lumet propose une satire prophétique sur l’état de la télévision, au moment où le divertissement et le sensationnalisme deviennent plus profitables que l’information.

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Mercredi 27 octobre 2010

Hamid Maghraoui, PPDA 10 février 2000, video, 22", 2000 et Offset 5, Offset 6, Offset 7, video, 3′50, 2003, collection Frac LR

Cette série de vidéos est constituée des montages de diverses séquences de journaux télévisés dans lesquelles seules le présentateur est visible et seules ses respirations sont perceptibles. Mis bout à bout, ces courts instants d’inspiration ou d’expiration créent un rythme saccadé qui rappelle celui de machines et met à mal le principe de communication lié à l’information télévisuelle. Cette mécanique répétitive donne l’impression d’une déshumanisation des personnalités choisies, transformées en instruments par le système médiatique qui les dirige.

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Jeudi 21 octobre 2010

Gil J. Wolman, La Mémoire, Mégapneumes, 1967, poème sonore publié dans la revue « ou », n°33, 1968

Au sujet de ses « mégapneumies », par lesquelles il entend, dès 1950, purger les sons de tout signifié, Gil J. Wolman déclarait : « Jusqu’en 1949, avant que je rencontre Isou, je me nourrissais de la poésie avec des mots, et à partir de cette année, j’ai jeûné et suis passé de la lettre à la respiration, ce que j’appellerai plus tard la poésie physique ». Dans un entretien de 1982, il ajoute : « […] je me suis aperçu que les lettres étaient faites surtout du souffle. Prenez la lettre « b », la lettre « b » n’existe pas. La lettre « b » est formé de [b] et de [e], du souffle [e]. J’ai donc dissocié le [b] du [e]. […] Tout cela pour vous dire que la mégapneumie est une chose très simple. Vous prenez les lettres, vous les réduisez à leur véritable élément, à leur souffle, vous pouvez ensuite les structurer ainsi [suivent des exemples]. J’ai trouvé là une gamme assez considérable de sons et je me suis amusé à faire des constructions, ce que j’appelais des mégapneumies soit de la poésie à base du souffle ».
De ces expérimentations, les rares enregistrements qui demeurent donnent à entendre un langage primal fait de sons désarticulés, spasmes et râles étouffés.

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Mercredi 13 octobre 2010

Orlan, Le baiser de l’artiste, performance, FIAC, Grand Palais, Paris, 23 octobre 1977

A l’occasion de la FIAC au Grand Palais en 1977, Orlan propose une performance qui déclencha un énorme scandale. Assise derrière une photo grandeur nature de son corps nu comportant une fente communiquant avec un collecteur de pièce, l’artiste monnaye ses baisers. Pour le même prix de 5 francs, les visiteurs pouvaient acheter et brûler un cierge au pied d’une autre photographie grandeur nature de l’artiste, travestie en Madone. Ainsi, l’artiste confronte-t-elle la Vierge à la Putain, le pur à l’impur, oppositions toujours prégnantes dans la société contemporaine. Il s’agissait à la fois de revendiquer la liberté sexuelle des femmes et de proposer une réflexion sur la prostitution des artistes au sein du marché de l’art.

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